Décembre marque une période charnière dans la gestion d’une structure équestre. Entre les derniers préparatifs d’une installation confortable pour l’hiver et les projets pour le printemps prochain, ce mois offre l’opportunité d’optimiser nos pratiques, tout en respectant l’écosystème et le bien-être équin. Voici un petit guide pratique pour gérer efficacement vos écuries actives, équi-pistes ou systèmes de pâturage tournant à l’entrée de la période hivernale.
Gérer les surfaces et anticiper le printemps
Mettre certaines parcelles au repos en hiver, notamment les zones les plus piétinées, aide le sol à se régénérer et limite l’érosion, tout en réduisant la contamination en œufs et larves de strongles sur l’herbe.
Décembre est aussi propice à la planification des rotations de pâtures au printemps, puisqu’en plus de préserver l’herbe et le sol, l’alternance des parcelles diminue aussi significativement la pression parasitaire sur l’ensemble du groupe.

Protéger la biodiversité du site
Les haies, bosquets et zones de végétation haute jouent un rôle central pour la faune auxiliaire (prédateurs d’insectes, oiseaux insectivores, chauves‑souris) et favorisent la régulation naturelle des ravageurs, y compris certains insectes piqueurs. Les haies améliorent la biodiversité fonctionnelle et contribuent à la régulation biologique de nombreux parasites et insectes, à une échelle de plusieurs dizaines à centaines de mètres autour.
Maintenir des zones refuges non fauchées et des haies diversifiées s’inscrit dans la démarche agro‑écologique, aujourd’hui largement promue pour soutenir la santé des animaux. Ces aménagements, bien positionnés, peuvent aussi offrir des abris contre le vent, ce qui améliore directement le bien‑être des chevaux.

Optimiser les infrastructures d’hébergement
Dans les écuries actives et équi‑pistes, les aires stabilisées et les zones de nourrissage doivent être vérifiées en décembre pour éviter la boue hivernale. L’utilisation de dalles alvéolées de différents modèles, ou d’agrégats drainants est documentée comme une solution efficace pour limiter le piétinement destructeur et améliorer la portance des sols dans les zones très fréquentées.
Une bonne gestion de la pluviométrie (pentes, mares, baissières) réduit la stagnation d’eau, ce qui freine aussi les cycles de développement de certaines mouches et moustiques. À propos d’eau, on recommande par ailleurs de vérifier quotidiennement les points d’eau pour éviter le gel !

Adapter l’alimentation et surveiller l’état corporel
Avec la chute de la valeur nutritive de l’herbe, l’augmentation de l’apport en fourrage est un levier central pour couvrir les besoins énergétiques et soutenir la thermorégulation par la fermentation des fibres dans le gros intestin. Les publications sur la physiologie du cheval en climat froid rappellent que la chaleur produite par la digestion de grandes quantités de fibres est plus durable et mieux adaptée au froid que l’apport de concentrés.
Décembre est aussi le moment de faire le point sur l’état de chaque individu (note d’état corporel) pour corriger les difficultés avant l’arrivée des grands froids, en particulier pour les chevaux âgés. La base de la prévention contre la perte d’état est un combo Fourrage à volonté + Abri efficace + Eau non gelée. Si vous manquez d’abri (naturels ou artificiels), n’hésitez pas à couvrir les chevaux qui en ton besoin.

Gérer le parasitisme interne de façon raisonnée
Décembre peut être un moment conseillé pour ajuster le traitement des formes enkystées chez les sujets à risque, en s’appuyant sur les résultats des coproscopies de l’année, et l’avis vétérinaire. Attention, l’essentiel des vers recherchés dans les coproscopies étant en stase en hiver, il est inutile d’en faire avant le printemps.
N’oublions pas que l’environnement est une pièce maîtresse du contrôle des parasites : la plus grande partie du cycle des strongles se déroule sur les prairies (et non dans l’organisme du cheval). Pendant l’hiver, la mise au repos des pâtures contribue à rompre le cycle de réinfestation, surtout si les périodes de repos sont suffisamment longues.

Gérer les insectes piqueurs de façon agro‑écologique
Même si la pression des mouches, taons et autres gastérophiles diminue en hiver, la préparation des zones sensibles peut commencer dès le mois de décembre en travaillant sur la propreté, le drainage des eaux accumulées, et la création de refuges pour leurs ennemis naturels.
On recommande de réduire au maximum les zones de reproduction des mouches (mélange fumier‑liquide‑fourrage), de nettoyer régulièrement les abords des abreuvoirs et zones de nourrissage, y compris en hiver. Ces mesures, combinées à des haies diversifiées et à une gestion raisonnée, s’intègrent tout naturellement dans une démarche agro‑écologique.

Préparer le travail de printemps
Pendant le mois de décembre, on peut également travailler sur notre planification agronomique : choix des mélanges de semences (graminées et légumineuses adaptées au pâturage équin), plan de sursemis, ou implantation de bandes enherbées, sans oublier les haies qui ont des bénéfices tangibles sur la résilience des prairies.
C’est aussi le moment d’ajuster l’agencement de nos pistes, aires de nourrissage et points d’eau de façon à conserver du mouvement sans pour autant empêcher les chevaux d’accéder à certaines ressources, ni nous rendre la tâche impossible.

Se faciliter le quotidien en période hivernale
Rationaliser les circuits de distribution (eau, foin, compléments) en décembre permet de gagner du temps au cœur de l’hiver, lorsque les conditions météo sont les plus difficiles. On pense toujours à rendre plus confortable l’espace de vie des chevaux… mais il faut également penser à nos chemins d’accès !
Ces aménagements nous permettent de gagner du temps et du confort pour la gestion quotidienne, et à nous éviter des chutes et autres blessures, qui seraient problématiques aussi bien pour nous que pour nos chevaux 😉

Surveiller la santé et le bien‑être du troupeau
L’observation du comportement et des interactions sociales en groupe est un indicateur reconnu du bien‑être des chevaux, et les recherches récentes soulignent l’importance de prendre en compte les comportements d’agacement, d’évitement ou les conflits répétés autour des ressources. Les dynamiques sociales peuvent évoluer avec l’hiver, notamment lorsque les points de nourrissage sont plus concentrés, d’où l’intérêt de multiplier les points d’affouragement pour limiter la compétition.

Entretenir l’environnement, et le matériel
Les aires d’alimentation et les zones d’attente sont des “points clé” à la fois pour la dégradation du sol, la concentration de crottins et le développement de certains insectes et parasites. Si vos zones d’affouragement ne sont pas stabilisées, pensez à déplacer régulièrement les râteliers ou les points de distribution de foin et à ramasser les crottins accumulés.
Enfin, l’hiver est un bon moment pour remettre à plat l’organisation de la sellerie, de la pharmacie, du stockage de foin et de l’outillage, afin de gagner en efficacité pour la saison à venir, et de trier ce qui doit être réparé ou changé. Il est important de nettoyer régulièrement les locaux (nettoyage régulier, gestion des déchets organiques) pour limiter les nuisibles, les mouches et les risques sanitaires en général.

Pour aller plus loin…
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FORFAIT 3 REPLAYS • Les clés du pâturage tournant
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FORFAIT 2 VIDÉOS • En finir avec la boue
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VIDÉO • Équi-pistes : Agencement général des espaces
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VIDÉO • La distribution alimentaire (foin à volonté, slow feeding, etc.)
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VIDÉO • Connaître son sol pour mieux gérer le pâturage
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